Non, vous ne pouvez pas encore débloquer 5 000 € de votre épargne salariale : la mesure, soutenue publiquement par le gouvernement depuis le 8 septembre 2026, doit encore être votée par l’Assemblée nationale — l’exécutif s’est engagé à la faire examiner avant la fin de l’année. Si le texte est adopté en l’état, chaque salarié pourrait retirer, en une seule fois, jusqu’à 5 000 € nets de prélèvements sociaux issus de son intéressement et de sa participation, sans payer d’impôt sur le revenu. Voici précisément qui serait concerné, sous quelles conditions, et ce qu’il est déjà possible de faire aujourd’hui.
En bref
- Jusqu’à 5 000 € débloqués en une seule demande, exonérés d’impôt sur le revenu, nets de prélèvements sociaux.
- Uniquement l’intéressement et la participation placés sur un PEE ou un PEI avant le 1er janvier 2026.
- Épargne retraite (PER collectif, PERCO) et fonds solidaires exclus du dispositif.
- Texte voté au Sénat le 7 avril 2026, examen à l’Assemblée promis avant fin 2026 : rien à demander pour l’instant.
Ce que prévoit exactement le texte #
La mesure ne sort pas de nulle part : il s’agit d’une proposition de loi du sénateur Les Républicains Olivier Rietmann, adoptée par le Sénat le 7 avril 2026 et transmise à l’Assemblée nationale. Le 8 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que le gouvernement la soutenait et demandait son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée avant la fin de l’année.
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Concrètement, le dispositif serait temporaire et encadré : une seule demande par salarié, sans fractionnement possible, dans un délai d’un an après la promulgation de la loi. Les sommes devraient servir à l’achat d’un bien ou d’une prestation de service — la logique est de soutenir la consommation, pas de transférer l’argent vers un autre placement. Le texte sénatorial ne prévoit pas de liste restrictive de dépenses, selon l’analyse du cabinet Barthélémy Avocats.
Le dispositif
Ce que dit le texte voté au Sénat
Montant maximal
5 000 € nets de prélèvements sociaux
Fiscalité
Exonéré d’impôt sur le revenu
Sommes concernées
Intéressement et participation placés sur un PEE ou un PEI avant le 1er janvier 2026
Sommes exclues
Plans d’épargne retraite (PER collectif, PERCO), fonds solidaires
Modalités
Une seule demande, sans fractionnement, dans l’année suivant la promulgation
Usage des fonds
Achat d’un bien ou d’une prestation de service
Où en est-on ?
Voté au Sénat le 7 avril 2026, examen à l’Assemblée annoncé avant fin 2026
Une semaine de volte-face gouvernementale #
Ce soutien au déblocage est arrivé après quarante-huit heures de confusion. Le 7 septembre, le ministre de l’Économie Roland Lescure confirmait sur RTL que la piste de cotisations sociales sur l’épargne salariale au-delà de 3 000 € par an figurait parmi les options étudiées pour le budget 2027 de la Sécurité sociale, avec un rendement espéré d’environ 1 milliard d’euros.
Dès le lendemain, face à la levée de boucliers, Matignon a enterré l’idée. « Il n’a jamais été question de toucher à l’épargne salariale », a assuré Sébastien Lecornu le 8 septembre. Et pour appuyer le message, le gouvernement a mis en avant la mesure inverse : non pas prélever sur cette épargne, mais permettre aux salariés d’y puiser plus facilement.
Qui a de l’épargne salariale en France ? #
L’enjeu est loin d’être anecdotique. Selon l’enquête annuelle de l’Association française de la gestion financière (AFG), l’épargne salariale et l’épargne retraite d’entreprise ont atteint 229,4 milliards d’euros d’encours fin 2025, en hausse de 14,7 % sur un an — un record. 13,2 millions de comptes de salariés sont recensés, et 442 000 entreprises proposent au moins un dispositif. Autrement dit, près d’un salarié sur deux est potentiellement assis sur une épargne qu’il ne peut pas toucher avant cinq ans, sauf cas particuliers.
Pour situer l’ordre de grandeur : 5 000 € représentent un peu plus qu’un an d’intéressement et de participation moyens (environ 3 600 € versés par salarié bénéficiaire et par an, selon les chiffres cités lors du débat sur la taxation).
Les précédents de 2008, 2013 et 2022 incitent à la prudence #
La France a déjà organisé des déblocages exceptionnels d’épargne salariale, en 2008, en 2013 puis en 2022 — cette dernière fois avec un plafond deux fois plus élevé, à 10 000 €. Le résultat avait été modeste : environ 1 milliard d’euros débloqué seulement, sur plus de 200 milliards d’encours. La plupart des salariés avaient préféré laisser fructifier leur épargne, d’autant que les abondements de l’employeur restent, eux, définitivement acquis.
C’est le vrai point de vigilance pour 2026 : débloquer 5 000 € est une faculté, pas une aubaine automatique. Sortir cet argent, c’est renoncer aux rendements futurs du plan et, dans certains fonds, vendre à un moment qui n’est pas forcément favorable. À chacun d’arbitrer selon ses projets — ce texte n’est en aucun cas un conseil en placement.
Ce que vous pouvez déjà faire, sans attendre la loi #
En attendant, le droit actuel prévoit déjà une douzaine de cas de déblocage anticipé du PEE, sans impôt sur le revenu : mariage ou Pacs, naissance ou adoption d’un troisième enfant, divorce avec garde d’au moins un enfant, violences conjugales, invalidité, décès, rupture du contrat de travail, création d’entreprise, achat ou construction de la résidence principale, rénovation énergétique de celle-ci, achat d’un véhicule propre ou encore activité de proche aidant. La demande doit en général être faite dans les 6 mois suivant l’événement, sauf pour certains cas (rupture du contrat, décès, invalidité, violences conjugales, surendettement, proche aidant) qui n’ont pas de délai. Le détail figure sur la fiche officielle de Service-Public.
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FAQ #
Quand pourra-t-on débloquer les 5 000 € ?
Pas avant l’adoption définitive de la loi. Le texte a été voté au Sénat le 7 avril 2026 ; le gouvernement s’est engagé le 8 septembre à le faire examiner par l’Assemblée nationale avant la fin de l’année 2026. Si le calendrier tient et que le texte est voté puis promulgué, les demandes seraient possibles pendant un an. Aucune démarche n’est à faire pour l’instant.
Mon PER d’entreprise ou mon PERCO sont-ils concernés ?
Non. Le texte adopté au Sénat exclut explicitement les plans d’épargne retraite (PER collectif, PERCO) ainsi que les sommes investies dans des fonds solidaires. Seuls l’intéressement et la participation placés sur un PEE ou un PEI avant le 1er janvier 2026 seraient éligibles.
Peut-on déjà débloquer son épargne salariale avant 5 ans ?
Oui, dans une douzaine de cas prévus par la loi : mariage, naissance d’un troisième enfant, divorce, invalidité, rupture du contrat de travail, achat de la résidence principale, rénovation énergétique, violences conjugales, proche aidant… La demande se fait en général dans les 6 mois suivant l’événement, et les sommes restent exonérées d’impôt sur le revenu.
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À retenir
Le déblocage exceptionnel de 5 000 € d’épargne salariale n’est pas encore en vigueur : c’est une proposition de loi votée au Sénat en avril, que le gouvernement s’est engagé le 8 septembre 2026 à faire examiner par l’Assemblée avant fin 2026, après avoir écarté toute taxation de cette épargne au budget 2027. Si elle est adoptée, le retrait sera unique, plafonné à 5 000 € nets de prélèvements sociaux, exonéré d’impôt sur le revenu, réservé à l’intéressement et à la participation placés avant 2026 sur un PEE ou un PEI — l’épargne retraite restant hors champ. En 2022, moins de 1 % de l’encours avait été débloqué : avant de puiser dans son plan, mieux vaut peser ce qu’on abandonne en rendement.
Sources : Boursorama/AFP · franceinfo · Barthélémy Avocats · Service-Public.gouv.fr · AFG
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